« La Baule »
Pour moi, c’est devenu un
ressort, faire d’une faiblesse une force, profiter d’une blessure pour me
mettre sérieusement à la natation et découvrir que le vélo permet de faire
travailler le cardio surtout en HT.
La passion de la natation est
venue grâce au « Swim Boost » organisé par la section fin novembre/début
décembre 24.
La course événement de cette
année était à La Baule. Plusieurs formats sont proposés du XS au M en passant
par des relais. Quitte à se déplacer pour un week-end, autant en profiter.
Je propose de prendre le relais natation sur le format Grand Public (la natation : ma nouvelle passion), puis je prends un dossard pour la XS (ou S-light) et le M.
C’est pas mal pour un néophyte de
ce sport voir même un peu trop mais au final je ne regrette pas.
Pourquoi ? Parce que mes
entrainements natations ont été essentiellement en piscine. Ma première
confrontation réelle avec la natation en eau libre a été ce relais. J’ai
découvert la notion de courant, de se laisser déporter de quelques dizaines de
mètre s’en rendre compte. J’ai découvert que la respiration 3 temps en alterné
n’est pas forcément idéal avec les vagues.
J’étais donc en relais avec
Jean-Luc à vélo, dont le compte tour s’est affolé (private joke), et Jennifer
pour la course à pied. Merci à vous deux de m’avoir accepté dans votre équipe
pour ma première expérience. C’était génial.
Le format XS était en milieu d’après-midi. Pour m’accompagner, Domohina et Virginie étaient également sur cette distance.
Le mauvais temps s’est invité.
L’océan était déchainé entre le vent et la marée montante. Bizarrement, j’ai
apprécié cette natation. J’ai appris du premier relais, j’ai calé ma
respiration d’un côté et malgré les creux de vague, je boucle ma natation.
Ma première transition a été une
vraie galère. J’ai voulu faire comme les grands en mettant des lacets Gorilla.
Mettre mes chaussures a été un vrai enfer. J’aurai mieux fait de rester en
lacet classique : résultat 8 minutes sur la première transition.
J’enchaîne sur le vélo. Un vrai kiffe la sensation de vitesse tout en restant
prudent la chaussée était détrempée. Une des particularités à La Baule est que
le drafting est autorisé. Après le premier tour (sur 3), je fais la
connaissance de David avec qui j’ai roulé en alternant les relais. La deuxième
transition a été expéditive. J’ai roulé avec mes chaussures de running, j’ai
donc déposé le vélo et je suis parti courir avec de drôles sensations au pied
gauche et les cuisses fatiguées par le vélo. Je termine 75ème.
C’était grisant.
Au réveil du dimanche, grosse fatigue. Mauvaise nuit, la fatigue de la veille, je me demande comment je vais pouvoir prendre le départ du M. J’en discute avec Jean-Luc au p’tit dej. Je me laisse la matinée pour voir si la forme vient. En fin de matinée, ça va mieux niveau fatigue physique mais j’ai le ventre noué. Impossible de déjeuner à part une barre énergétique une heure avant le départ mais l’envie était là. Au départ du M : Virginie, Eric, Jean-Denis et Jean-Luc, en relais avec lui-même. Le soleil était au rendez-vous. J’aborde mon M avec l’état d’esprit de le finir, pas de pression sur le chrono.
Je découvre de nouveaux
termes : « rolling start » et « sortie à
l’australienne ». Sur les formats précédents, les nageurs étaient divisés
en deux blocs. Là, le départ était donné par vague de 100 toutes les 30
secondes. Les relayeurs partant après. On avait 6 bouées à passer avec une
sortie à l’australienne : un premier triangle, une partie à courir sur la
plage pour rejoindre l’autre triangle.
Je démarrage ma nage avec de
supers sensations. Je me sers de mes deux précédentes expériences pour
rejoindre la première bouée rouge. Respiration tous les deux temps en alternant
trois à gauche, trois à droite pour arriver à me diriger vers la bouée. Je
passe cette première bouée et me dirige vers celle sur la plage. Un nageur me
crie « il faut nager vers la gauche ». Je regarde au loin. Je vois
une bouée blanche. Ça ne me semble pas logique (on était censé rejoindre la
bouée rouge) mais comme tous les nageurs autour de moi allaient dans cette
direction, je les suis. A mi-chemin, je vois les nageurs sortir à la bouée
blanche courir vers la bouée rouge pour la contourner. Je reviens sur mon
intention d’origine : nager vers la bouée rouge. En discutant avec Eric
après la course, il m’a dit que la meilleure stratégie était peut-être d’aller
vers la blanche. Avec le recul, je me dis qu’il avait surement raison. Ça
rallonge la partie sur plage mais ça permettait surtout de nager dans le
courant et non à contre-courant (à retenir pour plus tard).
Je sors de l’eau, je cours vers
la bouée blanche, je me remets à l’eau. Je pose ma nage. Jusqu’ici tout allait
bien. Bonnes sensations, j’ai concentré, j’avançais bien malgré le fait que
n’arrivais pas à voir la bouée blanche au large (Eric m’avait prévenu) et la
marée montante. Je passe la bouée blanche et me voila partie pour la dernière
partie. Dans ma tête, je me dis « tu as fait les ¾, c’est bientôt terminé ».
Confiant, j’entame le retour. Puis au milieu : la panique, l’enfer sur
mer. Plus rien, plus de souffle, impossible à nager le crawl, la respiration
n’est pas là. J’essaye la brasse, j’ai l’impression de faire du sur place. Deux-trois
fois l’idée d’arrêter et de me faire remorquer m’est passée par la tête
tellement ça n’allait pas. Je regarde au loin vers la plage. Je vois et fixe
l’arche bleue de l’arrivée. Je regarde les nageurs devant moi, j’en vois
certains qui commencent à marche dans l’eau. Ça ne me semble pas si loin. Je me
ressaisi, je nage à l’indienne pour avancer. J’ai trouvé cette seule ressource
pour me sortir de cette situation et dès que j’ai pu mettre les pieds sur le
sable, j’ai marché jusqu’à la plage.
Je n’en mène pas large. Fini la
course folle sur la plage pour passer un relais ou faire la transition vers le
vélo lors du XS. Je marche pour reprendre mes esprits, mon souffle. Je savais
que le plus dur était passé mais j’avais besoin de me remettre de ce naufrage. J’arrive
au vélo. Je me rince la bouche de cette sensation d’eau de mer. Je prends le
temps d’ingurgiter la moitié d’un gel de 30g (stratégie de nutrition : un
gel de 30g à partager sur les deux transitions, un bidon de 60g pour le vélo,
une gourde pour 60g de glucide pour la cap). Ça passe tout seul, je devais être
à sec. Je pars sur le vélo. Je fais un vélo correct sans plus mais ça se passe
bien. Le drafting est une sensation unique aussi bien pour reprendre un peu de
force que pour se motiver à pédaler lorsque j’étais devant. Je m’étais fixé
moins d’une heure trente. Je termine en 1h25. Je peux mieux faire. Le parcours
était roulant. Le sub une heure vingt était tout à fait possible. Manque
d’entrainement en vélo surement et aussi possible légère fatigue musculaire de
la veille. En T2, je mets ma seconde paire de running (j’avais pris deux paires
au cas où), celles avec lacets. Je pars sur la cap sans pression. Je vois que
le 4’20’’ au kil passent bien malgré des ischios fatigués. Je garde ce rythme
qui est facile pour moi. Mon objectif était de finir sur une touche positive en
prenant du plaisir sur la course à pied. Après le 3ème tour, je vois
que les sensations sont toujours bonnes et je décide de finir à allure marathon
sur les deux derniers kilomètres. Voilà, c’est fait ! Je boucle mon
premier M avec émotions, la larme à l’œil.
J’ai pris beaucoup de plaisir à
faire mon premier M malgré la natation dont beaucoup ont trouvé la dernière
partie dure.
Je tiens à remercier tout le
monde pour vos nombreux conseils pour ma première expérience avec le
triathlon : Virginie et son conseil de repère pour le vélo, Jennifer et
son conseil de sortie de l’eau pour mettre son bonnet et ses lunettes dans la manche
de la combi, Eric pour le rappel de son conseil de contourner par la gauche la
grappe de nageur autour de la bouée, Jean-Luc et Jérôme pour le conseil de
rouler avec les chaussures de vélo et non en running.
C’était chouette de voir Domohina
et Julien, de rencontrer Jean-Denis.
L’ambiance était géniale. J’ai
passé un super moment. Je rentre avec des étoiles plein les yeux et une envie
de reprendre ma revanche sur la natation lors d’un prochain M. L’aventure du
triathlon ne fait que commencer.
Un grand merci au buro de la section pour ce week-end génial. Vivement l’année prochaine 😊
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