mardi 23 septembre 2025

Triathlons La Baule - par Patoche - 21/09/25

 « La Baule »

 Il y a un peu moins d’un an, je me prenais un bouillon sur le marathon de Budapest, pas en terme de chrono mais en engagement. Ma chérie a pris une initiative dont elle n’avait mesuré les conséquences : demander au groupe de me trouver un ressort. Et quel meilleur ressort que de me mettre au triathlon. Je suis donc passé d’un sport à trois. Ma chérie qui trouvait que je courais trop, allait découvrir l’engagement que demande la préparation d’un triathlon. « Et merde » comme elle dit aujourd’hui en riant.

Pour moi, c’est devenu un ressort, faire d’une faiblesse une force, profiter d’une blessure pour me mettre sérieusement à la natation et découvrir que le vélo permet de faire travailler le cardio surtout en HT.

La passion de la natation est venue grâce au « Swim Boost » organisé par la section fin novembre/début décembre 24.

La course événement de cette année était à La Baule. Plusieurs formats sont proposés du XS au M en passant par des relais. Quitte à se déplacer pour un week-end, autant en profiter.


Je propose de prendre le relais natation sur le format Grand Public (la natation : ma nouvelle passion), puis je prends un dossard pour la XS (ou S-light) et le M.

C’est pas mal pour un néophyte de ce sport voir même un peu trop mais au final je ne regrette pas.

Pourquoi ? Parce que mes entrainements natations ont été essentiellement en piscine. Ma première confrontation réelle avec la natation en eau libre a été ce relais. J’ai découvert la notion de courant, de se laisser déporter de quelques dizaines de mètre s’en rendre compte. J’ai découvert que la respiration 3 temps en alterné n’est pas forcément idéal avec les vagues.

J’étais donc en relais avec Jean-Luc à vélo, dont le compte tour s’est affolé (private joke), et Jennifer pour la course à pied. Merci à vous deux de m’avoir accepté dans votre équipe pour ma première expérience. C’était génial.


Le format XS était en milieu d’après-midi. Pour m’accompagner, Domohina et Virginie étaient également sur cette distance.

Le mauvais temps s’est invité. L’océan était déchainé entre le vent et la marée montante. Bizarrement, j’ai apprécié cette natation. J’ai appris du premier relais, j’ai calé ma respiration d’un côté et malgré les creux de vague, je boucle ma natation.

Ma première transition a été une vraie galère. J’ai voulu faire comme les grands en mettant des lacets Gorilla. Mettre mes chaussures a été un vrai enfer. J’aurai mieux fait de rester en lacet classique : résultat 8 minutes sur la première transition. J’enchaîne sur le vélo. Un vrai kiffe la sensation de vitesse tout en restant prudent la chaussée était détrempée. Une des particularités à La Baule est que le drafting est autorisé. Après le premier tour (sur 3), je fais la connaissance de David avec qui j’ai roulé en alternant les relais. La deuxième transition a été expéditive. J’ai roulé avec mes chaussures de running, j’ai donc déposé le vélo et je suis parti courir avec de drôles sensations au pied gauche et les cuisses fatiguées par le vélo. Je termine 75ème. C’était grisant.


Au réveil du dimanche, grosse fatigue. Mauvaise nuit, la fatigue de la veille, je me demande comment je vais pouvoir prendre le départ du M. J’en discute avec Jean-Luc au p’tit dej. Je me laisse la matinée pour voir si la forme vient. En fin de matinée, ça va mieux niveau fatigue physique mais j’ai le ventre noué. Impossible de déjeuner à part une barre énergétique une heure avant le départ mais l’envie était là. Au départ du M : Virginie, Eric, Jean-Denis et Jean-Luc, en relais avec lui-même. Le soleil était au rendez-vous. J’aborde mon M avec l’état d’esprit de le finir, pas de pression sur le chrono.


Je découvre de nouveaux termes : « rolling start » et « sortie à l’australienne ». Sur les formats précédents, les nageurs étaient divisés en deux blocs. Là, le départ était donné par vague de 100 toutes les 30 secondes. Les relayeurs partant après. On avait 6 bouées à passer avec une sortie à l’australienne : un premier triangle, une partie à courir sur la plage pour rejoindre l’autre triangle.

Je démarrage ma nage avec de supers sensations. Je me sers de mes deux précédentes expériences pour rejoindre la première bouée rouge. Respiration tous les deux temps en alternant trois à gauche, trois à droite pour arriver à me diriger vers la bouée. Je passe cette première bouée et me dirige vers celle sur la plage. Un nageur me crie « il faut nager vers la gauche ». Je regarde au loin. Je vois une bouée blanche. Ça ne me semble pas logique (on était censé rejoindre la bouée rouge) mais comme tous les nageurs autour de moi allaient dans cette direction, je les suis. A mi-chemin, je vois les nageurs sortir à la bouée blanche courir vers la bouée rouge pour la contourner. Je reviens sur mon intention d’origine : nager vers la bouée rouge. En discutant avec Eric après la course, il m’a dit que la meilleure stratégie était peut-être d’aller vers la blanche. Avec le recul, je me dis qu’il avait surement raison. Ça rallonge la partie sur plage mais ça permettait surtout de nager dans le courant et non à contre-courant (à retenir pour plus tard).

Je sors de l’eau, je cours vers la bouée blanche, je me remets à l’eau. Je pose ma nage. Jusqu’ici tout allait bien. Bonnes sensations, j’ai concentré, j’avançais bien malgré le fait que n’arrivais pas à voir la bouée blanche au large (Eric m’avait prévenu) et la marée montante. Je passe la bouée blanche et me voila partie pour la dernière partie. Dans ma tête, je me dis « tu as fait les ¾, c’est bientôt terminé ». Confiant, j’entame le retour. Puis au milieu : la panique, l’enfer sur mer. Plus rien, plus de souffle, impossible à nager le crawl, la respiration n’est pas là. J’essaye la brasse, j’ai l’impression de faire du sur place. Deux-trois fois l’idée d’arrêter et de me faire remorquer m’est passée par la tête tellement ça n’allait pas. Je regarde au loin vers la plage. Je vois et fixe l’arche bleue de l’arrivée. Je regarde les nageurs devant moi, j’en vois certains qui commencent à marche dans l’eau. Ça ne me semble pas si loin. Je me ressaisi, je nage à l’indienne pour avancer. J’ai trouvé cette seule ressource pour me sortir de cette situation et dès que j’ai pu mettre les pieds sur le sable, j’ai marché jusqu’à la plage.

Je n’en mène pas large. Fini la course folle sur la plage pour passer un relais ou faire la transition vers le vélo lors du XS. Je marche pour reprendre mes esprits, mon souffle. Je savais que le plus dur était passé mais j’avais besoin de me remettre de ce naufrage. J’arrive au vélo. Je me rince la bouche de cette sensation d’eau de mer. Je prends le temps d’ingurgiter la moitié d’un gel de 30g (stratégie de nutrition : un gel de 30g à partager sur les deux transitions, un bidon de 60g pour le vélo, une gourde pour 60g de glucide pour la cap). Ça passe tout seul, je devais être à sec. Je pars sur le vélo. Je fais un vélo correct sans plus mais ça se passe bien. Le drafting est une sensation unique aussi bien pour reprendre un peu de force que pour se motiver à pédaler lorsque j’étais devant. Je m’étais fixé moins d’une heure trente. Je termine en 1h25. Je peux mieux faire. Le parcours était roulant. Le sub une heure vingt était tout à fait possible. Manque d’entrainement en vélo surement et aussi possible légère fatigue musculaire de la veille. En T2, je mets ma seconde paire de running (j’avais pris deux paires au cas où), celles avec lacets. Je pars sur la cap sans pression. Je vois que le 4’20’’ au kil passent bien malgré des ischios fatigués. Je garde ce rythme qui est facile pour moi. Mon objectif était de finir sur une touche positive en prenant du plaisir sur la course à pied. Après le 3ème tour, je vois que les sensations sont toujours bonnes et je décide de finir à allure marathon sur les deux derniers kilomètres. Voilà, c’est fait ! Je boucle mon premier M avec émotions, la larme à l’œil.

J’ai pris beaucoup de plaisir à faire mon premier M malgré la natation dont beaucoup ont trouvé la dernière partie dure.

Je tiens à remercier tout le monde pour vos nombreux conseils pour ma première expérience avec le triathlon : Virginie et son conseil de repère pour le vélo, Jennifer et son conseil de sortie de l’eau pour mettre son bonnet et ses lunettes dans la manche de la combi, Eric pour le rappel de son conseil de contourner par la gauche la grappe de nageur autour de la bouée, Jean-Luc et Jérôme pour le conseil de rouler avec les chaussures de vélo et non en running.

C’était chouette de voir Domohina et Julien, de rencontrer Jean-Denis.

L’ambiance était géniale. J’ai passé un super moment. Je rentre avec des étoiles plein les yeux et une envie de reprendre ma revanche sur la natation lors d’un prochain M. L’aventure du triathlon ne fait que commencer.

Un grand merci au buro de la section pour ce week-end génial. Vivement l’année prochaine 😊

                                                                                                                                     le Patoche

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