Par seb
"Bref. J'ai fait du triathlon.
J-1
: La course contre la montre
À
la veille de l'épreuve, il est largement temps de préparer et de vérifier le
matériel. On commence par récupérer la tri-fonction trouvée en catastrophe sur
Leboncoin (un bon plan, en passant). Un petit tour à vélo dans Paris pour aller
la chercher, et le tour est joué. Un rapide essai confirme que ça devrait faire
l'affaire. La prudence aurait dicté de tester une transition vélo/course avec,
mais bon, là, pas le temps.
Il
faut ensuite passer au vélo. Pas mal de choses à faire : le laver, remonter les
roues de route sur le gravel, changer les pédales, cirer la chaîne, vérifier et
recaler la transmission, et contrôler le niveau de préventif. Ça prend un peu
de temps, mais tout est OK, pas de mauvaise surprise.
Ensuite,
je reprends la check-list pour essayer de ne rien oublier : casque,
porte-dossard, lunettes de soleil, lunettes de natation, combinaison,
chaussures, casquette, kit de réparation, chaussettes, serviette (jaune), crème
solaire, bidons, quelques barres et pâtes de fruits, compteur... La liste est
longue et je suis presque sûr d'avoir oublié un truc. Mais il est déjà temps de
se coucher pour se reposer.
Juste
avant de fermer les yeux, une idée me traverse l'esprit : si je chargeais la
trace du parcours sur le GPS ? Ce serait une bonne idée. Raté pour le coucher
tôt : ce p... de GPS ne veut pas se synchroniser. Après 15 minutes de bataille,
au dodo.
Jour
J : Le grand saut
Réveil
un peu matinal, dans un mélange d'excitation et d'appréhension. J'avale
rapidement un petit-déjeuner car la journée va être longue. Du stress ? Non,
mais bon, je refais un tour des affaires avec ma check-list histoire de me
rassurer. Et il est déjà temps de prendre la route.
Deux
heures plus tard, j'arrive sur le site. Je ne me suis pas trompé d'endroit,
c'est sûr : il y des vélos partout. Je récupère mon dossard et toute une
collection d'autocollants et de décalcomanies. Alors ça, c'est un truc qu'on
m'avait dit mais que je n'avais pas fait depuis longtemps (les enfants sont
grands). Je galère un peu pour poser le premier, je le décolle à l'envers... et
ben ça ne marche pas bien, si vous aviez un doute. On va laisser sécher et
retenter plus tard.
Retour
à la voiture pour coller tout ça sur le casque et le vélo. Je finis de me
préparer tout en discutant avec un habitué très sympa qui me donne plein de
conseils. Le temps d'avaler une petite collation, de vérifier la pression des
pneus, et je me dirige vers le parc à vélo.
Je
trouve mon emplacement et là, galère : les pneus en 32 mm ne rentrent pas
facilement dans le rack prévu. En poussant un peu, ça passe. C'est moins vrai
pour mon voisin et son VTT. Je dépose mes affaires en ordre, en copiant un peu
ce qui se fait autour de moi. Bon, me voilà quasi prêt. Je retrouve à ce
moment-là Jen et Marc, ça fait plaisir de se sentir un peu moins seul.
Un
dernier contrôle visuel pour vérifier que tout est en ordre, et c'est l'heure
du briefing. Après un bon rappel sur le respect du code de la route (car nous
sommes sur route ouverte), on nous invite à nous rendre au départ de la
natation.
La
Natation
500
mètres de marche avant d'arriver au bord de la Marne – qu'on ne voit pas
encore. Il est temps d'enfiler la combinaison. Comme la dernière fois, je
n'arrive pas à la fermer seul, mais un coup de main sympathique d'un autre
concurrent résout le problème. On plaisante un peu. Le stress revient, et il me
tarde d'y aller car on commence à étouffer au soleil dans la néoprène.
14h00,
ça y est, c'est parti ! Le départ est donné sur du Rage Against The Machine,
l'adrénaline monte. Après une descente un peu glissante, il est temps de se
jeter à l'eau. La fraîcheur fait un bien fou. Et finalement, c'est agréable. Je
prends beaucoup de plaisir à nager même si je n'arrive pas à enchaîner le crawl
tout le temps. Dommage, car clairement ça avance plus vite, et le courant nous
aide bien.
Ça
passe vite. Je pensais y passer plus de temps, mais il faut déjà s'extraire de
l'eau. Avec l'aide des bénévoles, je remonte sur la rive. Et là, surprise à
laquelle je ne m'attendais pas : impossible de courir, ça tangue dans tous les
sens !
Transition
1
Il
me faut quelques minutes pour reprendre mes esprits et commencer à enlever le
haut de ma combinaison (sur les bons conseils de plusieurs personnes). Au bout
de 300 mètres, j'arrive à trottiner et j'atteins mon vélo. Je finis de retirer
la combi, j'enfile les chaussettes, les chaussures, le casque, le
porte-dossard, un coup de crème solaire et go pour la suite.
Je
fais dix mètres et je m'aperçois que je suis en train de perdre mon dossard.
L'attache s'est démontée. J'essaie de réparer sans succès et je finis par faire
un nœud. J'y ai bien laissé deux minutes.
Le
Vélo
Je
monte sur le vélo, le temps de resserrer les chaussures en roulant et c'est
parti. On commence par 2,5 km de plat avant d'attaquer les hostilités.
Effectivement, on arrive dans un virage où les bénévoles nous incitent à
changer de vitesse avant de tourner à gauche. Le conseil est excellent, car
derrière, c'est un vrai mur. Tout à gauche, et ça avance à peine.
Je
double quelques concurrents qui ont mis pied à terre ; les voir galérer me
motive à ne pas lâcher. Un petit replat, et la côte repart de plus belle devant
la tombe de Dom Pérignon. Clairement, à 7 km/h, on a le temps de regarder le
paysage. Enfin, le haut de la côte des Maures ! Je peux enfin dérouler,
m'hydrater et m'alimenter.
Après
un passage plat dans la forêt, il est temps d'amorcer la descente vers Épernay.
Ça montait fort, mais ça descend pas mal non plus. Avec le vent, je ne fais pas
trop le fier car le vélo commence à vibrer un peu. La fin du parcours est plus
roulante, ça envoie bien, c'est agréable. J'en profite pour remonter une
vingtaine de concurrents.
Transition
2
Il
est temps de poser le vélo et d'enfiler les baskets. Ça va vite. Le temps de
finir le bidon et c'est parti pour la dernière ligne droite.
La
Course à pied
J'ai
commencé à courir. Enfin, c'est ce que mon cerveau croyait. Mes jambes, elles,
en avaient décidé autrement : ça n'avance pas. En plus, il fait chaud et la
fatigue accumulée est bien là. Je ralentis le rythme pour être sûr d'aller
jusqu'au bout.
Au
bout de 2,5 km, on aperçoit la tour Castellane et il est temps de traverser le
pont pour revenir sur l'autre rive. Le parcours est un peu cabossé, rien de
très horizontal, mais foulée après foulée, les kilomètres défilent. Au
quatrième kilomètre, super surprise : un ravitaillement en eau plus que
bienvenu. Après ce rafraîchissement salvateur, il ne reste plus qu'à rallier
l'arrivée.
Quand
on commence à entendre la voix du speaker, ça sent bon. On entre enfin sur la
piste du stade, on aperçoit l'arche, il reste 200 mètres. Les encouragements
des copains au bord de la piste me redonnent un coup de boost incroyable pour
le sprint final. Et enfin, je passe la ligne.
L'Après
On
m'a mis une médaille autour du cou. J'ai bu deux grands verres de St-Yorre et
avalé trois Tucs qui m'ont fait un bien fou.
J'étais
cramé, mais tellement heureux d'avoir terminé. Une superbe découverte : un
parcours magnifique dans les vignes, une ambiance géniale, des bénévoles
bienveillants et les copains de l'US à l'arrivée.
J'ai fini mon premier triathlon, c'était génial, et je recommencerai, c'est
sûr."
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