lundi 13 mai 2019

Samuel nous fait partager son Anjou SwimRun avec David



Le Swim & Run est une discipline qui combine la natation en eau libre et la course à pied et qui se pratique en binôme. On nage, on court, on nage, on court…
La particularité est de nager comme on court et de courir comme on nage !
C’est-à-dire que du point de vue matériel tout ou presque est autorisé : combinaison, plaquettes, lunettes, bonnet de bain, flotteur, pull-buoy, tuba, palmes, longe (corde élastique pour relier le partenaire s’il y a une différence de niveau en nage et/ou en course)… Mais tout ce qu’on utilise faut le garder du début à la fin.
Sont obligatoires la combinaison néoprène, un sifflet, le bonnet de bain et la chasuble (les 2 derniers sont fournis par l’organisation).
Les binômes ne doivent pas être séparés de plus de 100m en cap et de 10m en natation (ça c’est sur le papier car dans l’eau on ne reconnaît plus personne !).





En ce qui me concerne, mon équipement se résume à :
-       Location d’une combinaison néoprène : manche longue / short (version la plus portée)
-       Plaquettes : au vu des autres concurrents les miennes sont vraiment petites mais plus c’est gros plus faut avoir des épaules et des triceps (90% des participants en ont, et pas des petites…). Mon binôme n’en prend pas
-       Pull-buoy avec élastique permettant de le faire pivoter entre les jambes pour nager ou à l’extérieur pour courir (tout le monde a le sien). C’est un pull-buoy spécifique : plus gros et plus dense
-       Longe (20% des participants en ont une et l’utilise davantage pour nager que pour courir)
-       Une paire de lunette de piscine et un bonnet de bain plutôt épais en plus de celui fourni et obligatoire par l’organisation
-       Vieille paire de trail avec des chaussettes fines
-       Par ailleurs, j’ai enduit mon cou, nuque et dessous de bras de Nok afin d’éviter les frottements. Je teste un stick antibuée sur mes lunettes de piscine, à voir…

C’est notre 1er swim & run et j’appréhende :
-       Le niveau en cap de mon partenaire est largement au-dessus du mien. Normalement je nage mieux que lui et j’espère secrètement qu’il boira la tasse pour modérer son allure… OK ce n’est pas gentil mais je sais que je vais morfler et que je vais devoir m’accrocher car il n’est pas du style à attendre !
-       Le froid ! Non seulement la température est hivernale (5° à 9h du matin et une eau estimée à 10° par les participants et 14° par l’organisation…) mais en plus faut rentrer dans l’eau 6 fois ! On nage dans « semi » lac qui est un bras de la Maine (un peu de courant)
-       Le confort de courir en combinaison néoprène, plaquettes, pull-buoy, longe 
Sur l’air de départ, énormément de filles, énormément de gars costauds et peu de concurrents qui ont l’air de s’interroger et d’appréhender comme nous… Notre but est d’envoyer en cap et de limiter la casse en natation. Objectif <2h pour une distance de 14km.
On se place dans le 1er tiers, le départ est donné et déjà mon partenaire me met 30m… Un 1er kilo en 4’05 ! En un peu plus d’1km on a remonté pas mal de concurrents, on est dans les 20ers en entrant dans l’eau.
On se lance pour 400m de nage, je pivote le pull-buoy entre mes jambes, j’accroche la longe à mon partenaire, je fixe correctement mes plaquettes (tenues par les poignets lorsque je cours), on vise la berge d’arrivée et c’est parti.
Le souffle est coupé par le froid, les muscles saisis… Le temps de faire quelques mouvements de bras et on se réchauffe vite. Néanmoins, c’est « un peu » la machine à laver, on nous double de partout, on se cogne… Bref, c’est n’importe quoi. En plus mon partenaire nage à côté de moi et non derrière du coup pas mal de monde se prend dans notre longe !
On sort comme on peut de l’eau, ensemble… Je décide de ne plus utiliser la longe et je l’enroule autour de ma taille. On remonte du monde et on constate qu’on double pas mal de gens qu’on avait dépassé dès le départ ! Soit on court trop vite, soit ils sont vraiment lents, soit on nage trop lentement, soit ils nagent vraiment vite…
Bon, j’ai plusieurs petites choses à régler :
-       En courant j’ai le pull-buoy qui glisse de ma cuisse malgré les 2 élastiques et je passe pas mal de temps à le remonter. J’observe les autres et constate 3 techniques : ceux qui le porte à la cuisse et le remonte comme moi, ceux qui le porte à la cuisse et ça tient et ceux qui le coince dans le dos dans une sangle ! Je décide d’essayer cette dernière technique quitte à perdre à quelques secondes avant d’entrer dans l’eau pour le mettre et en sortant pour l’enlever…
-       Courir avec les plaquettes aux mains me gêne un peu mais tout le monde fait pareil
-       J’ai la sensation d’étouffer avec ma combine mais l’avantage est que j’ai une ouverture devant ce qui me permet de l’ouvrir et de beaucoup mieux respirer (faut juste bien penser à bien la fermer avant d’entrer dans l’eau…)
Je prends soin de mettre mon pull-buoy dans le dos coincé dans ma sangle. C’est beaucoup plus agréable même s’il tape un peu dans le dos.1,5km de cap durant lesquels on double et redouble.
On passe à la partie la plus longue de natation soit 800m. Le peloton est étiré et c’est moins la bagarre. A un moment je sens que mes pieds se prenne dans une longe mais il n’y a personne à côté de moi, je me suis tout à droite histoire de ne pas être trop gêné ! Au tour de mon pull-buoy de glisser et je constate que c’est ma longe (que j’avais enroulé de tour de ma taille) qui se défait.
J’ai les pieds complétement ficelés, je nage mal, des gestes parasites, mes doigts se défont des plaquettes, c’est difficile de les remettre, je bois la tasse, je ne tiens plus mon cap… Bref, je commence à paniquer ! Je me mets sur le dos pour tenter de me libérer de ma longe : mon pull-buoy glisse au niveau des chevilles, je vois une foule de nageurs foncée sur moi : j’ai peur, je panique ! Je me saisi de mon sifflet même si je sais que je n’ai rien à craindre mais des pensées négatives m’envahissent.
Je me débats comme je peux pour me libérer de ma longe, d’un geste heureux et extrêmement chanceux je rattrape ma chaussure droite qui partait (la chance du débutant…). Je remonte mon pull-buoy, renfile mes plaquettes et m’applique à nager lentement et tout en décomposant mes gestes je reprends mon souffle.
Je ne sais pas combien de temps il m’a fallu pour repartir mais je suis tout à gauche, j’ai dérivé sur une petite centaine de mètres. C’est n’importe quoi !
J’ai la haine, je suis énervé, ce n’est pas la 1ère fois que je panique dans l’eau. En plus je suis censé être meilleur nageur que mon binôme mais il va sortir de l’eau avant moi et en terme d’énergie j’y ai laissé quelques plumes tout en sachant que le plus dur arrive maintenant pour moi : 5km de cap durant lesquels faudra que je suive l’allure de mon binôme.
Je finis cette portion de natation en décidant que c’est la dernière fois que je panique comme ça et je me concentre sur ma « technique » de nage : la tête tourné vers le fond, mes bras qui vont chercher loin devant, le corps gainé, je souffle dans l’eau et pivote bien la tête sur le côté pour respirer !
Ayé, j’ai pied ! je sors de l’eau, je vois ma femme qui me dit que David n’est toujours pas sorti ! Ouf…
J’en profite pour bien respirer car j’ai un peu la tête qui tourne. Je lui donne discrètement ma longe, ce n’est pas bien je sais, mais j’ai failli mourir (j’en rigole maintenant…). Ma femme me dit qu’on est aux environs de la 100ème place… A minima 70 équipes nous ont doublé sur 800m !
Au bout d’une bonne minute, David sort avec une sale tête, il est plus énervé que moi, balance quelques jurons et file comme un boulet de canon ! Pendant 2km on ne se parle pas, il est 100m devant. Je sers les dents pour m’accrocher et à la faveur d’une petite colline assez technique à gravir (100m D+) je le rattrape. A priori il a bien morflé aussi sur cette session de 800m de nage (trop long, mal aux bras, tout le monde qui double…). On reprend des concurrents, on remonte et son allure est un peu plus accessible pour moi. Le parcours est vraiment sympa : de larges sentiers, un peu de single, des promeneurs qui nous encouragent tout du long, un grand soleil et pas de vent…
150m de nage, je me reconditionne mentalement en me concentrant sur ma nage. Ça passe bien et David me rejoint 30’’ plus tard. On repart pour 2,8km de cap puis 150m de nage puis 1,3km de cap.
Il ne reste plus grand-chose à couvrir : 2 portions de nage de 400m et autant en cap.
Durant cette avant dernière session de nage, la fatigue commence à se sentir, j’ai un mollet un peu dur, les épaules un peu lourdes. Je m’applique sur la technique et sachant que je sortirais devant David, j’en profite pour bien regarder les nageurs qui me doublent :
-       Ils font moins de mouvements de bras que moi
-       Leur temps de glisse, bras tendu devant, est largement plus long que le mien
-       Leur corps est droit et parfaitement horizontal
-       Ils respirent davantage tous les 3 temps
-       Ils sortent la tête de l’eau beaucoup plus souvent que moi pour vérifier le cap
Bref, non seulement c’est efficace mais en plus c’est beau !
Je sors de l’eau et retrouve ma petite famille, ça fait du bien ! Une fois David émergé on repart et au vu de l’allure je sens bien qu’il veut faire bonne figure devant sa famille…
Les 400 derniers mètres de nage sont durs, je commence à avoir froid, les bras faiblissent et les jambes sont lourdes et rigides. Mais bon, c’est la fin, je sers les dents.
C’est le sprint final, un 400m à la Marc Raquil, non je rigole !
On finit 70ème /150 en 2h10, 35’ derrière les 1ers.
On a bien fait de se mettre sur le court (le long est le double du parcours) et je n’aurai pas pu nager beaucoup plus. Cette expérience m’a bien plu, mais ce n’est pas du goût de mon binôme qui me balance « je suis venu, j’ai bu, tu m’y reverras plus » !
A savoir :
-       Le swim run est principalement une affaire de nageur
-       Le pull-buoy est incontournable et aide grandement la flottaison
-       Les plaquettes sont un vrai plus mais faut être habitué et avoir les bras
-       La longe pour être efficace mérite quelques entraînements. Ça ne s’improvise pas
-       Courir avec des chaussures mouillées et en combinaison ne gênent pas (si tant est qu’on puisse l’ouvrir devant pendant la cap)
-       Malgré les températures je n’ai pas eu froid. Un peu à la fin mais plus dû à la fatigue…
-       A chaque sortie d’eau, on a la tête qui tourne, on est désorienté et il convient de faire quelques pas avant de se mettre à courir
-       Nager en piscine a ses avantages (c’est tout droit, on est serein, peu de monde et donc pas de bagarre) et ses inconvénients (la culbute qui m’épuise, le peu d’intérêt à compter les carreaux du fond, pas de combinaison qui aide à flotter) mais en eau libre tout est inversé et accentué (les + : c’est ludique, la combinaison est une vrai aide, pas de culbute, on voit l’objectif / les - : ça se frotte beaucoup, on ne peux pas s’arrêter pour réajuster ses lunettes, ses plaquettes, faut lever la tête pour regarder)

A travailler :
-       Le mental : ne plus paniquer, prendre son temps et s’appliquer dans les gestes à faire en cas de problème
-       Le cap : je ne nage pas droit et il me faut absolument regarder plus souvent ou je vais
-       Avant chaque entrée d’eau lister ce qu’il faut faire et dans l’ordre : refermer sa combinaison, mettre le pull-buoy et bien le caler, enlever la buée des lunettes et les mettre correctement de manière étanche, enfiler les plaquettes, regarder le cap et à proximité pour s’orienter

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