Km -0
Mars.
Quand le gouvernement annonce un nouveau confinement, son lot de restrictions,
ses 10 km (ou 30, on sait plus, peu importe on n’y comprend plus rien), le
moral n’y est pas. Vacances annulées, encore… on se projette alors vite et on
ne met pas longtemps à booker un WE sur la côte normande, disons en juin car on
prévoit large (et puis on sent que la météo de mai sera pourrie #noussachons).
Avril.
A force de tourner comme un hamster à Longchamp parce que c’est dans mon
périmètre, je cogite et je me dis que je pourrais tout aussi bien y aller à
vélo, réplique d’un aller simple mais inoubliable à Deauville.
C’est
décidé, c’est ça que je vais le faire ! Je pose mon vendredi et la petite
famille me rejoindra le lendemain.
Km 0
La police du design ne devrait plus tarder à frapper à ma porte
Aller
simple mais un peu de logistique quand même. Et ça tombe bien, dans l’intervalle
j’ai investi dans la bagagerie nécessaire, qu’évidemment je n’ai pas encore
testé.
Après
quelques essais, je finis par trouver la bonne formule serrage-répartition des
masses. Ça a l’air de tenir. On verra bien.
Côté
météo, c’est excellent : il va faire beau et chaud sur tout le parcours,
un léger vent de face, rien d’effrayant, mais qui devrait forcir un peu quand
même.
Top
départ à 8h, heure d’arrivée estimée vers 17h avec les arrêts.
Comme
redouté, la circulation est dense à cette heure-là. Je traverse Argenteuil
prudemment et je m’accoutume au comportement suspect – disons chaloupé – de ma
monture : même correctement harnachée, la sacoche pesant 5 kilos, ça chahute à
chaque relance en danseuse.
Km 19
J’emprunte
les quais de Seine à La Frette. De là, encore quelques km, un peu de D+ et je
sortirai enfin de l’agglomération parisienne pour rejoindre le plateau du
Vexin.
Arrivé
à Conflans Sainte-Honorine, j’abandonne la Seine et la circulation. Je
retrouverai les deux plus loin, à Rouen.
Km 35
Au bout de la route la mer (et pas mal d’imagination)
Ça
y est la route est à moi. Comme souvent les petites routes du Vexin sont peu
fréquentées, c’est encore plus vrai en semaine.
Il
fait beau, il fait chaud, je suis bien. Je progresse maintenant sur un rythme
régulier, la route est encore longue mais j’ai le temps.
Je
franchis la vallée de l’Epte. A partir de là, je quitte des routes familières
et entre dans le Vexin Normand. Les paysages évoluent, c’est plus vert encore.
Forêts, champs, villages, et toujours très peu de voitures.
Km 76
Le vent me fait aussi produire des watts
Ce
coup-ci, le doute n’est plus permis, le vent s’est bien levé. Pas bien fort
mais régulier et plein face. Comme Alesi qui pilotait à l’oreille (le bruit du
gravier à gauche, je tourne à droite…) s’il siffle plus dans une oreille que
dans l’autre, il faut rectifier le cap. Le vélo, c’est de la voile.
Avec
la chaleur, il est temps de me ravitailler en eau. Je m’arrête dans un cimetière
et je m’aperçois, Dieu merci à temps, que l’eau de la fontaine provient d’une
citerne alimentée par de l’eau de pluie. Plutôt que du Smecta à la pharmacie,
j’achèterai de l’eau avec mon sandwich dans une boulangerie à Romilly sur
Andelle.
De
là, j’emprunte la côte Jacques Anquetil. Je veux bien que des panneaux tous le
600m donne des airs d’Alpe d’Huez… Mais enfin, 3 km tout au plus à 4% bien
régulier, sûr que Maître Jacques en a gravit des plus difficiles.
Km 134
La ville aux cent clochers, d’accord. Mais où est Charlie ?
Rouen,
belvédère de la côte Sainte-Catherine. C’est l’heure de la pause déjeuner. Mon
Coca a eu le temps de se réchauffer mais il va très bien avec mon jambon-beurre
fondu. 20 km dans la poche du maillot, ça casse la chaîne du froid.
L’essentiel
est ailleurs. Souvenirs étudiants, obligé de marquer l’arrêt.
Je
reprends la route, et la circulation de plein fouet ! En dépit des
coronapistes, d’ailleurs assez mal fichues, stress maximum. D’autant que je
l’ignore encore, mais les vingt prochains km seront pénibles sur une
départementale rectiligne, sans charme et surtout très fréquentée. Tracé à
revoir.
Km 188
Dans
le dur. J’ai chaud, j’ai soif, je transpire. Fringale, déshydratation,
lassitude ? Un peu de tout ça probablement. Tout ça me ramène à ma
condition de cyclo du dimanche. J’ai beau avoir passé les principales
difficultés, les derniers km sont compliqués. J’ai du mal à tenir le rythme.
C’est
la saison des réfections des petites routes, à la va-vite. Au menu : goudron
frais et graviers. Une route impraticable m’impose un détour imprévu. Quelques
kilomètres supplémentaires qui sapent le moral du cycliste qui, depuis
quelque temps déjà, compte les km à rebours.
Km 218
Fécamp : ses plages, ses falaises et son soleil
Un
ultime ravitaillement me requinque et j’arrive enfin sur le port de pêche de
Fécamp. Changement de climat : c’est brumeux mais « ça va se lever,
vous verrez » me dit-on. Cela se vérifiera.
Avant
de filer me désaltérer en terrasse, je discute quelques minutes avec ce couple
de promeneurs météorologues. « De Paris » est ma réponse à leur
question. Mélange de fausse modestie, un peu, et de fierté surtout, heureux
d’avoir terminé ce beau périple.
Mathieu B.









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